L’Algérie française

 

Les Français ont débarqué à Sidi Ferrch, pour chasser le colonisateur ottoman, détruisirent les repaires, libérant les esclaves, affranchissant ainsi les tribus berbère et arabes.
Après de sévères combats, les troupes françaises prennent l’avantage, et le 4 juillet, commence le siège de fort-Lempereur, au cours duquel les Turcs se défendent avec vaillance. Finalement, ils font sauter cette dernière défense avant Alger où nos troupes pénètrent le 5 juillet. Le drapeau à fleur de lys flotte sur la casbah. Bourmont fait son entrée solennelle dans la ville, au travers de rues étroites qui étouffent le bruit des Tambours.

Le dey capitule, non sans avoir risqué d’être mis a mort par les janissaires, et quitte Alger pour Naples avec son harem. De leur côté, les Français songent à s’organiser dans Alger dont ils sont désormais les maîtres. Par ignorance du pays, Bourmont commet l’erreur de chasser les janissaires dont il aurait pu utiliser les services.

Bourmont espère que la chute d’Alger, « la sultane de toutes les villes », entraînera la soumission de la Régence. En attendant il peut occuper Bône et Oran.

 

 

Mais à Paris, la révolution contraint Charles X à abdiquer. Le 9 août 1830, Louis-Philippe devient roi des Français. Bourmont partisan des Bourbons, abandonne ses fonctions et quitte Alger sur brick Autrichien, la marine nationale lui ayant refusé un navire français

Le Général Clauzel, homme imaginatif et très actif, succède à bourmont. Lorsqu’il débarque à Alger, ses instructions lui prescrivent de s’en tenir à une occupation restreinte. Abandonner Alger, cet héritage encombrant, tenterait certes Louis-Philippe, mais il faut craindre une réaction de l’opinion pour qui, selon Montalembert, l’ordre d’évacuation serait une haute trahison.

Clauzel organise une opération sur Médéa, Mais, harcelée par l’adversaire, il doit abandonner cette dernière. L’occupation du pays sera longue et exigera des forces importantes. Tenant compte de ses effectifs réduits, Clauzel imagine alors de confier le gouvernement de l’Oranie et du Constantinois à des princes tunisiens. L’initiative est désapprouvée par Paris et sera un échec.

Clauzel est remplacé par le général Betezène, puis le général Savary, duc de Rovigo, ancien chef de police de Bonaparte, qui à son tour sera remplacé par le lieutenant général Voirol. Leurs ambitions se limitent à la défense d’Alger et de ses environs, ainsi qu’à la réoccupation d’Oran 1831, et à l’occupation de Bône 1832, Bougie, Arzew, Mostaganem en 1833.

Le général Voirol aura à souffrir de l’excessive indépendance de ses subordonnés et, en particulier, de la politique menée par le général Desmichels, ce dernier traitant en Oranie avec un chef qui laissera un nom dans l’histoire, Abd el-Kader.

 

 

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L’épopée Abd el-Kader.

 

Abd el -Kader était fils d’un chef religieux, Mahi-ed-Dine, qui dirigeait une zaouïa à la guetna près de Mascara. Abd el-Kader tout de suite déclaré prédestiné, reçoit une forte instruction. Il se marie, après une idylle romanesque avec une cousine. On rapporte que, surpris au cours d’un rendez-vous amoureux par un curieux, Abd el-Kader le poignarde et fait porter à sa belle un billet : « les yeux qui nous ont vus sont fermés par toujours, la langue qui pourrait nous trahir est devenue muette ».

En 1832 Abd el-Kder attaque avec son père Oran, il témoigne à cette occasion d’un total mépris de la mort, lançant son cheval au milieu des boulets pour encourager ses hommes, effrayés par l’artillerie française. C’est avec lui que le général Desmichels se résout à traiter. La convention passée entre eux comprenant l’arrêt des hostilités, le respect de la religion, le droit d’utiliser le port d’Arzew, d’acheter poudre et armes dans les villes françaises (26féfrier 1834). Dès lors Abd el-Kader peut se poser en chef souverain.

La France décide l’annexion des territoires de l’ancienne régence, et institue un gouvernement général des possessions françaises dan le Nord de l’Afrique. (22 juillet 1834.

A cette époque la situation militaire est peu brillante, alors qu grandit le prestige d’Abd el-Kader. En oranie le chef arabe pousse l’audace jusqu’à faire conduire, enchaîné, à Mascara, le chef d’une tribu ralliée. Pour venger cet affront, le nouveau commandant de la division d’Oran, le général Trézel, marche sur Mascara, mais dans les marais de la Makta, l’émir fait subir aux troupes françaises une grave défaite (juin 1835.

Paris réagit et désigne à nouveau Clauzel, dont on connaît cependant le goût des initiatives qui frôlent l’indiscipline. Mais cet homme énergique lave d’abord l’affront de la Makta, en marchant sur Mascara. Le 7 décembre 1835, le duc d’Orléans fait son entrée dans la ville qui offre un spectacle pitoyable ; le feu achève de consumer la plupart des maisons, et le troupier doit se contenter, pour son ordinaire, de civets de chats, de fricassées de pigeons et de ragoûts de navets.

Le retour s’effectue dans des conditions pénibles. L’expédition harassée arrive enfin à Mostaganem. Tandis que l’émir Abd el-Kader réoccupe Mascara, rendant ainsi sans objet le raid de Clauzel.

Un poste fortifié est établi à l’embouchure de la Tafna face à l’île de Rachgoun, où se trouvent entreposés matériel et ravitaillement destinés à Tlemcen. Le général d’Arlanges, voulant améliorer la défense du poste, arrive en avril 1836 à la Tafna, où il se fait bloquer sur place par Abd el-Kader. La situation est si critique que Paris envoie un renfort de trois régiments pour dégager la garnison. Son chef est Thomas Robert Bugeaud de la Piconnière. Soldat en 1804, il gagne l’épaulette et participe à l’expédition d’Espagne, où il apprend la sévérité des embuscades.

Bugeaud avait été un farouche adversaire du maintien de la France en Algérie. Cependant, devant ses responsabilités, il change d’attitude et comprend que pour se maintenir dans la colonie, il faut l’occuper entièrement.

 

 

Sitôt débarqué Bugeaud ravitaille Tlemcen (juin 1836. En juillet, il repart de la Tafna avec un convoi de riz et de farine. Abd el-Kader le suit de près, menant de vives attaques contre son arrière garde ? Bugeaud qui ne cherche pas à éloigner ses agresseurs, engage le combat. Celui-ci à lieu le 6 juillet 1836, au moment où le convoi traverse le Sikkak. Les troupes françaises établissent su le plateau dominant le lit de l’Isser, remporte la victoire et les hommes d’Abd el-Kader, pour échapper aux Français, se jètent au bas des rochers où ils s’écrasent. Sa mission terminée Bugeaud rentre en France.

Dans le constantinois la situation est confuse. L’ancien bey des Turcs, Ahmed, est toujours puissant à Constantine. Clauzel veut établir un protectorat et nomme bey de Constantine Yusuf, un homme qui s’était distingué par son courage et sa folle détermination, près s’être engagé dan l’armée comme combattant. Celui-ci s’installe au camp Dréan (Sud de Bône). Bien que Ahmed occupe toujours la fonction,Yusuf lève des contributions, fait distribuer des coups de bâton, coupe des têtes, comme l’aurait fait un souverain oriental.

Clauzel, qui a échoué devant Constantine (1836) est désavoué et doit céder son poste de commandement en chef au général Damrémont qui reçoit comme directives de traiter à l’est avec Ahmed, à l’Ouest avec Abd el-Kader. Pour traiter avec ces derniers on adjoint à Damrémont le général Bugeaud. Bugeaud débarque une seconde fois à Oran, le 5 avril 1837, afin de mettre un terme à l’ambition d’Abd el-Kader, si possible par la négociation, sinon par la force.

Un accord est conclu, mais ses clauses sont ambiguës, car les deux textes, français et arabe, ne concordent pas. L’article stipulant : « l’émir reconnaît la souveraineté de la France en Afrique » était traduit : le commandeur des croyants sait que le sultan est grand.

Bugeaud voulut connaître l’émir et organisa une rencontre. Il arriva sur les bords de la Tafna avec six bataillons. L’émir était en retard. Bugeaud qui s’impatientait reçut alors un message : Abd el-Kader l’attendait à une heure de marche. Bugeaud se mit en route par un chemin tortueux, étroit, véritable coupe-gorge. Enfin apparut l’émir, monté sur un cheval noir, entouré de chefs de tribus. Bugeaud l’invita à mettre pied à terre, et la conversation s’engagea entre les deux hommes. L’entretien terminé, Bugeaud se leva et dut, pour sauver la face, prendre par la main et soulever de terre, en souriant, l’émir resté ostensiblement assis. Un coup de tonnerre retentit dans le ciel à ce moment. Etait-ce l’annonce de la lutte qui allait bientôt opposer les deux chefs.

Le dey de Constantine qui, négociait également avec la France, ne comprenait pas que les avantages consentis à Abd el-Kader ne lui fussent pas accordés. Les pourparlers furent rompus. Damrémont se mit en route sur Constantine avec douze mille hommes et une artillerie commandée par le général Valée. Après une marche rendue difficile par le mauvais temps, les troupes françaises prirent position, le 6 octobre 1837, sur les plateaux de Koudiat-Aty et de Mansourah. Tandis que l’artillerie ouvrait des brèches, Damrémont fut tué par un boulet, le général Perrégaux qui se penchait sur son corps, fut tué à son tour et le général Valée dut prendre le commandement. Le 13 octobre l’assaut fut donné. Le combat fut sévère, chaque maison étant transformée en fortin. Un grand nombre d’habitants tentèrent de s’échapper en descendant à l’aide de cordes, le ravin abrupt au fond duquel coulait le Rummel. Mais les cordes se brisèrent et des grappes de femmes et d’hommes périrent dans l’abîme.

La ville fut finalement emportée, et le duc de Nemours put pénétrer dans la maison de bey qui s’était enfui vers le Sud. La prise de Constantine, où les soldats français se battirent avec héroïsme, reste une page glorieuse dan les annales de l’armée d’Afrique.

Abd el-kader estimait peu les français, des hommes, disait-il « qui manquent à leur parole et trahissent leurs alliés.

Abd el-Kader avertit le général Valée qu’il reprend la guerre, et bientôt la Mitidja est envahie par les hadjoutes. Maisons et récoltes sont incendiées, les colons sont massacrés.

Les occupations sporadiques de Médéa et Miliana ainsi que du col de Mouzaïa ne constituent pas une politique. Il faut envisager L’occupation totale du pays. Ce sera l’œuvre de Bugeaud avec l’armée d’Afrique.

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Bugeaud et l’Armée d’Afrique

 

Le 1er octobre 1830, le général Clauzel avait décidé de créer un corps d’Arabes zouaves, recrutés parmi la tribu kabyle des Zouaouas. Ce corps représentait l’armée d’Afrique, constitué d’unités adaptées à la guerre en Algérie, qui venaient renforcer l’armée française.

C’est au milieu des zouaves, au cour d’une alerte de nuit, qu’apparaît Bugeaud, coiffé d’un bonnet de nuit en coton, cet épisode passera à la postérité dans cet ironique refrain : As-tu vu la casquette… la casquette du père Bugeaud ; Le zouave est courageux et l’on ne tarde pas à dire « brave comme un zouave ».

Louis-Philippe autorisa la formation d’une légion étrangère. En 1843, le 3e bataillon du 1er Etranger reçut l’ordre de s’installer sur une colline à peu de distance de la Koubba de Sidi—bel-Abbes. Quand la ville fut créée, Sidi-Bel-Abbès devint le sanctuaire de la Légion.

Lorsque le général Bugeaud débarqua à Alger, le 16 avril 1841, il a déjà fixé la stratégie à employer en Algérie. Il rejette l’abandon et envisage l’occupation totale, c’est-à-dire la soumission du pays.

Dans le domaine tactique, la mobilité des colonnes sera accrue en remplaçant l’artillerie par l’obusier de campagne, les lourdes voitures qui s’enlisent par des mulets, l’équipage du soldat doit être adapté aux conditions climatiques ?

Bugeaud prend l’offensive dès 1841, menant à bien deux campagnes, au printemps et à l’automne. L’émir possédait quelques arsenaux qui sont détruits, ainsi qu sa maison paternelle, ce qui produit une profonde impression sur les indigènes.

L’année suivante, Tlemcen est occupée, le poste de Sebdou détruit, tandis que le général de Lamoricière s’empare des silos de ravitaillement dissimulés sous les cailloux. Enfin deux colonnes parties de l’algérois et de Mostaganem font leur jonction dans la vallée du chêlif. Grâce à la mobilité des troupes de Bugeaud, le terrain est occupé. En 1842, le colonel Morris, commandant de Boufarik, devait faire porter un message urgent à Blida. Un détachement de vingt hommes se met en route, sous les ordres du sergent Blandan. A Béni-Mered, il tomba

dans une embuscade. L’engagement fut sévère. Le groupe fut dégagé mais le sergent Blandan et la plupart de ses hommes avaient perdu la vie.

L’année 1843 est marquée par la création d’un poste à El-Esnam, et surtout la prise de la Smala, capitale nomade de l’émir, mise sur pied lorsque les Français se furent emparés des villes importantes. La smala se compose de trois cent huit douars, comprenant une population de quarante mille personnes, depuis la famille de l’émir, les membres du gouvernement,jusqu’à des artisans et commerçants. L smala se déplace sans cesse pour échapper aux colonnes françaises.

Le duc d’Aumale décide avec l’accord de Bugeaud de monter une expédition sur la smala. Le 2 mai 1843 une colonne quitte Médéa le 15 mai un renseignement, précieux sur la direction prise par la smala. Sans pour autant retrouver de traces de la smala, les hommes et les chevaux s'y épuisent sous la chaleur, le duc, décide d’aller faire de l’eau à la source de Taguine. On s’en approche, lorsqu’un cherif d’éclaireurs annonce l’étonnante nouvelle. La smala déployait son camp près de la source. Un campement s’étendant à perdre de vue et renfermant toute une population occupée à dresser des tentes ? Hommes, femmes, enfants allaient et venaient au milieu de moutons, chevaux et mulets. Le duc d’Aumale décide d’attaquer, l’assaut est déclenché, environ trois cent cinquante cavaliers se précipitent à fond de train et tête baissée dans cette mer mouvante, en poussant des cris féroces et en déchargeant leurs armes. La surprise est totale dans le camp de l’émir. Les guerriers, pris au dépourvu, se défendent isolément. Les cris des femmes, les pleurs des enfants ajoutent à la confusion. Le combat est bref et se termine par la déroute de l’adversaire. L’infériorité numérique des cavaliers français ne permet de faire que trois mille prisonniers, mais un riche butin tombe entre les mains des soldats du duc d’Aumale. Cette journée du 16 mai 1843 est toute à la gloire du duc d’Aumale et de deux de ses valeureux cavaliers Yusuf et Morris.

Cependant Abd el-Kader, réfugié au Maroc espérant engager le sultan dans sa lutte contre la France.

Des incidents de frontières éclatèrent, auxquels la France répondit en faisant bombarder Mogador par la flotte du prince de Joinville. Le sultan du Maroc répliqua en massant à la frontière près de quarante mille cavaliers et plus de mille fantassins. Bugeaud ayant préparé son plan d’attaque, les combats s’engagent au gué d’isly. Les cavaliers marocains attaquèrent, mais reculèrent devant le feu de l’artillerie et de l’infanterie. Yusuf se lança alors sur l’ennemi, sabra les canonniers, culbuta les cavaliers et traversa le camp impérial. Morris de son côté, réalisait des exploits et, bientôt les Marocains, en déroute, se replièrent en désordre sur Taza. Les pertes françaises étaient minimes, tandis que l’ennemi laissait huit cents morts, deux mille blessés, ainsi qu’un matériel considérable

Après cette victoire, Bugeaud fut fait duc d’Isly.

Par le traité de Tanger, le sultan duc s’engager à mettre Abd el-Kader hors la loi, dans toute l’étendue de don empire. Mais il ne le remettra pas aux mains des Français.

Abd lel-Kader se manifeste alors sur la frontière que Lamoricière protège de postes fortifiés. L’un de ces postes Djemaa-Ghazaouat est commandé par un officier courageux, mais impulsif, le lieutenant-colonel de Montagnac. Ce dernier, informé de la présence de l’émir dans les environs, décide de se porter au devant de l’adversaire. Le 23septembre 1845, lorsque le jour se lève sur les crêtes, Montagnac distingue les cavaliers de l’émir. Montagnac est bientôt blessé au ventre, mais i dirige le combat jusqu’à son dernier souffle. Abd el-Kader qui suit le combat d’une hauteur, vient de remporter un éclatant succès. La colonne de Montagnac est entièrement massacrée.

Venant de France, Bugeaud se rend en Algérie, où des foyers de révolte se sont allumés de tous côtés. Il suffit d’un fanatique pour soulever les tribus, apparemment pacifiées. Bugeaud veut s’emparer de l’émir mais fatigué physiquement et moralement, il quitte avec tristesse le 5 juin 1847 cette terre d’Algérie, qu’il avait tant contribué à rendre française

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La reddition d’Abd el-Kader.

 

Le duc d’Aumale remplace Bugeaud et c’est à lui que va se rendre l’émir. Celui-ci en difficulté avec le sultan du Maroc se rend sur le territoire algérien, où au col de Guerbous, se heurte à vingt spahis. L’émir, épuisé, s’avoue vaincu et se livre à son adversaire. Napoléon 111 acceptera de laisser l’émir se retirer à Damas où il mourra en 1883, fidèle à son serment de ne jamais tromper la France.

 

 

La proclamation de la République en France en 1848 fut accueillie avec enthousiasme par la population européenne d’Algérie qui supportait mal l’excessive autorité des militaires.

En 1849, un cheikh, Bou-Zian, prêchait la révolte à l’occasion de la levée de l’impôt sur les palmiers dans la région d’El-kantara, Biskra à Zaatcha. Le général Herbillon vint, avec beaucoup de difficultés à bout de la résistance de cette palmeraie.

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L’aventure de la Colonisation

 


Malgré les mouvements de 1879 dans l’Aurès et de 1881 dans le sud oranais, avec Bou-Amama, on peut dire que l’Algérie était désormais pacifiée.

Lorsque la France s’était établie dans la régence, un problème s’était posé parmi tant d’autres : Quel profit tirer de la conquête ?

Le général Clauzel marqué par son séjour colonial à St Domingue, était acquis aux expériences de plantations tropicale : coton, café, canne à sucre. Les puissants betteraviers du Nord de la métropole, inquiets de cette éventuelle concurrence qui risquait de porter atteinte à leurs privilèges, furent hostiles à l’aventure algérienne.

Abandonner Alger, « ce fardeau de la Restauration » était tentant, les raisons de prestige s’y opposaient. Pour se maintenir dans la Régence il fallait mettre en valeur le sol.

L’Algérie de l’époque était un pays à peu près inculte, au sol couvert de broussailles et de palmiers nains ; rares étaient les terres même sommairement défrichées. Les plaines, plus tard richesse du pays, étaient à cette époque à l’état de marécages où pullulaient les anophèles, porteurs de la malaria. La France a drainé, asséché, fertilisé un sol à l'abandon depuis des siècles, et cela au prix de nombreuses vies. a l'arrivée des Français, l'agriculture en était resté au moyen-age. Durant 132 années la France développera l'agriculture et rendra le pays riche et prospère. L'Algérie était devenue exprotateur, la Mitidja était devenue le grenier à fruits et légumes de l'Algérie. Ce qui fit dire à Ferrat Abbas : La France n'a pas colonisé l'Algérie, elle l'a fondée.

Tout développement exige des facilités de communication. Or les routes étaient inexistantes, il n’y avait que des sentiers et, à la saison des pluies, la traversée des oueds exigeait un transbordement à dos d’homme. Enfin l’insécurité régna longtemps dans les campagnes. Les premiers colons se souviendront dans la Mitidja, des farouches Hadjoutes qui attaquaient les fermes, brûlaient les récoltes et massacraient les agriculteurs et leurs familles.

Durant son occupation la France a également résolu le problème de l'eau dont dépendait l'avenir de ce pays.

Aucune de ces difficultés n’empêcha l’aventure, et la colonisation de se développer sous différentes formes, allant de la colonisation libre à la colonisation officielle, des grands domaines capitalistes à l’attribution de petites parcelles de terrain. Tout fut essayé avec plus ou moins de bonheur, mais la réussite fut étonnante.

L'armée française domestiqua les oueds, créant un réseau de canaux d'irrigation et assainit les sols. La plupart des villes et Villages étaient alimentés en eau potable. Plus de 12 barrages furent construits.

Lentement, mais sûrement, la mise en valeur de l’Algérie s’accélérait, parallèlement à la construction des routes et à l’assèchement des marais En outre, l’état sanitaire s’améliora, lorsqu’un médecin militaire, le docteur Maillot, conseilla, contre le paludisme, la quinine à haute dose qui fit remarquablement baisser la mortalité chez les Européens.

Dès 1830 les médecins militaires français soignèrent les populations du Maghreb, l'ensemble de la population passa d'un peu mois d'un million en 1830 à plus de 10.000 millions en 1962. Les services militaires ont ouvert des centres de soins à la population civile qui put consulter gratuitement. En 1962, on pouvait compter plus de 160 Hôpitaux dans le pays, où la Faculté de Médecine d'Alger était la 2ème de France.

Les ateliers nationaux de la révolution de 1848 avaient dû fermer leurs portes. Nombreux sont les ouvriers licenciés qui se retrouvent sans emploi, et sont prêt à tenter l’aventure de l’Algérie. Le gouvernement français accorde les crédits nécessaires à l’installation de douze mille colons cultivateurs dans la colonie.

Le dimanche 8 octobre 1848, le premier convoi, comprenant deux cents familles, quitte le quai de la Rapée-Bercy à Paris. Les futurs colons, cocardes tricolores au chapeau, partent au milieu de l’enthousiasme général.

Napoléon III fait de l’Algérie, la terre des hommes jugés indésirables par le régime. Adversaires et suspects sont dirigés sur l’Afrique. Ces hommes finiront peut-être graciés, mais beaucoup refuseront alors de retourner en métropole et se fixeront en Algérie, où ils formeront un solide noyau républicain.

L’empereur veut faire des Indigènes, des agriculteurs et, des Européens, des commerçants et des industriels. De plus Napoléon III compte sur l’afflux de capitaux pour accélérer la mise en valeur de l’Algérie. Sur l’instigation des saint-Simoniens, on favorise les grandes concessions. La Sté générale algérienne reçut cent mille hectares loués aux indigènes. Des routes sont construites, le chemin de fer fait son apparition dès 1857. En 1870, Constantine est reliée à Philippeville, puis Alger et Oran le sont en 1871. La France construisit quelques milliers de kilomètres de chemin de fer. Elle créa également un réseau routier de 54.000 kilomètres, 23 Ports, 23 Aéroports, 34 Phares, ainsi que l'installation de bureaux de poste dans tout le pays.

La France multiplia les Ecoles sur tout le territoire afin d'alphabétiser et d'enseigner les règles d'hygiène et les principes médicaux fondamentaux. Ce qui fit dire à l'écrivain Kabyle Belkacem Ibrazizen : "La scolarisation française a fait faire aux Arabes un bon de 1.000 ans. La France respecta la langue Arabe et la religion musulmane. Ce que n'avaient pas fait les Arabes forçant les berbères chrétiens à s'islamiser pour ne pas être tués.

Le peuplement est accéléré. Ce sont d’abord des Alsaciens-Lorrains qui s’installent en Algérie. Puis des émigrants du Sud-est, du midi viticole, de la Corse. Les Espagnols s’installent principalement en Oranie, les Italiens dans le Constantinois. Deux lois facilitent aux étrangers l’occasion à la Citoyenneté français. Ces Néo-français s’assimilent rapidement, taut par la fréquentation scolaire ou universitaire que par les mariages avec des Français ou Françaises de souche. Une race méditerranéenne surgit sur le sol de l’Algérie. Cette population courageuse, permet le prodigieux essor économique du pays. Routes, voies ferrées, ports aérodromes sont construits, modernisés. Les barrages hydrauliques permettent l’irrigation rationnelle du sol. L’Algérie devient une riche province agricole. Passant de cent trente mille âmes en 1871 à plus d’un million en 1954. De son côté, la population indigène d’un million et demi en 1830, compte, en 1954, deux millions et demi de personnes.

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